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 Une première à Safi

Le Conseil  municipal décide de retirer les privilèges

  
           L’objectif avancé, selon des sources proches, étant de rationaliser les deniers publics et la récupération d’un équivalent d’environ 300 millions de centimes au profit des recettes municipales
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         Le nouveau Conseil municipal de Safi a décidé lors d’une session ordinaire de retirer tous les privilèges dont jouissent certains responsables dans la capitale des Abda. Il s’agit plus particulièrement  des privilèges relatifs aux cotas de carburant, consommation en eau et électricité, logement, et bien d’autres. L’objectif avancé, selon des sources proches, étant de rationaliser les deniers publics et la récupération d’un équivalent d’environ 300 millions de centimes au profit des recettes municipales...
 
Voilà une position vraiment sage et audacieuse qui  a surpris plus d’un à Safi. Elle s’inscrit dans l’esprit même de la moralisation de la vie publique, telle que  souhaitée par tout le monde.

Mais cette sage position risque de n’être qu’un faux-fuyant symbolique, si nous n’en tirons pas les enseignements qu’il faut. Ce volontarisme vient certes conforter les efforts déployés par le Maroc en matière de moralisation de la vie publique. C’est en mettant le holà



 

  à ce climat d’affairisme que l’on crédibilise à nouveau la gestion  des affaires locales, voire la démocratie tout court. Il faut saluer à cet effet les actions courageuses menées par l’ensemble des membres du nouveau Conseil de la Ville de Safi depuis son élection.

Oui, car ce n’est qu’en renforçant les mécanismes de contrôle en amont, que nous pouvons peut-être contribuer à booster l’élan d’assainissement de la chose publique. La classe politique doit s'inspirer et prendre exemple de cette action. D’abord, en décortiquant soigneusement le profil des personnes qui la représentent pour la gestion des deniers publics. Ensuite, et à titre d'exemple, la transparence peut être un autre registre où cette même classe politique peut s'améliorer.

De ce fait, le combat pour la moralisation de la vie publique requiert l’adhésion collective de toutes les composantes de la société. L’action de l’Etat dans ce domaine est fondamentale au regard de son effet d’entraînement sur les autres acteurs de la scène politique et sociale. La mise en place d’un cadre effectif de concertation et de coordination entre les différents acteurs (pouvoirs publics, société civile, secteur privé), est plus que nécessaire. La mobilisation pour faire avancer la transparence, l’éthique et l’intégrité ne doit pas fléchir face à la difficulté de la tâche et l’héritage conséquent aux décennies de gestion hasardeuse à la limite crapuleuse.

Ainsi, le combat contre le fléau  de la gabegie et des passe-droits passe par la mise en oeuvre d’une législation juste, appliquée de manière égalitaire par une justice effectivement indépendante à l’égard de l’autorité politique et du pouvoir de l’argent d’une part, et par une très grande sensibilisation de l’opinion publique quant à la difficulté de l’épreuve et de la mobilisation de tous les vecteurs vivants de la société, d’autre part.

           Mohamed LOKHNATI